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Autour du burkini (2)
d'un chrétien aux musulmans


Autour du burkini (1)
d'un musulman aux chrétiens


Les chrétiens et l'extrême droite
d'un musulman aux chrétiens


Le faux concept d'islamophobie ?
d'un chrétien aux musulmans


Le Vatican et Gaza
d'un musulman aux chrétiens


Marine Le Pen et les musulmans
d'un chrétien aux musulmans


ISLAM, un parti politique en Belgique !
d'un chrétien aux musulmans


Civitas et l'Observatoire de la laïcité
d'un musulman aux chrétiens


Le droit des étrangers sur notre sol
d'un chrétien à un musulman


A propos du message d'un avocat (question d'un chrétien)
réponse d'un chrétien (Michel Jondot)


Pouvoir politique et religion
réponse d'un musulman


L'islam une religion violente de conquérants
d'un chrétien à un musulman


L'islam veut s'imposer dans la laïcité
d'un chrétien à un musulman


Une vague d'islamisation
d'un chrétien à un musulman


Islamophobie ou philosémitisme ?
d'un chrétien arabe à l'Eglise de France


Mixité à l'hôpital
d'un chrétien à musulman


Chrétiens en Algérie
d'un chrétien à un musulman


Chrétiens en pays musulmans
d'un chrétien à un musulman


Pourquoi n'y a-t-il pas d'église en Arabie Saoudite?
d'un chrétien à un musulman


Benoît XVI à Ratisbonne
d'un musulman à un chrétien

Autour du burkini (2)
d'un chrétien aux musulmans



Question d'un chrétien :
On peut reconnaître qu’il est inopportun d’interdire le port du burkini sur les plages : chacun a le droit de se vêtir comme il l’entend. Reste que les musulmans de France ne cessent d’afficher de plus en plus, dans la société, des signes d’appartenance religieuse. Tout avait commencé en septembre 1989, par les revendications de deux adolescentes arborant le foulard islamique au lycée de Creil. Depuis cette date, l’islam n’a cessé de multiplier les façons de se manifester : port de la barbe pour les hommes, djellaba, djelbeb, voiles noirs, sans parler de la burqa. On voit des petites filles de huit ans recouvertes des pieds à la tête avec des draps sombres comme les femmes salafistes. Dans certains quartiers, les vendredis à l’heure de la prière, les rues sont envahies par des foules dont la tenue donne à nos villes une allure étrange. On comprend que les non-musulmans aient l’impression d’être envahis. On comprend mal ceux qui nous disent que ces comportements ostentatoires ont pour source le désir de se soumettre à la volonté de Dieu. Est-ce à la population française de s’adapter à l’islam ? N’est-ce pas plutôt aux musulmans de s’adapter à la culture européenne ?

Réponse d'un musulman :
D’abord il convient de rendre hommage à la laïcité française. C’est elle qui donne aux musulmans le droit d’exprimer comme ils le font leurs convictions religieuses.
On peut comprendre le malaise des populations françaises. Mais il faut souligner que l’implantation de l’islam en France est récente ; les musulmans doivent inventer une façon de vivre sur une terre qui n’est pas musulmane. Leur place n’est pas encore trouvée mais l’histoire a prouvé que l’islam est capable d’adaptation. L’islam d’Arabie saoudite n’est pas celui de l’Afrique noire et celui du Proche-Orient n’est pas celui des Philippines. L’islam de France, il faut le reconnaître, n’est pas encore arrivé à maturité.

Pour qu’il mûrisse, bien sûr, il faut miser sur des imams pétris de culture française : la France a raison de s’interroger sur leur formation. Les responsables de l’islam du pays doivent convaincre les fidèles de ne pas chercher à résoudre leurs problèmes sur Internet et les aider à faire une lecture du Coran dépourvue de toute idéologie.

L’islam pour trouver sa place a besoin des chrétiens. Ils puisent dans l’Évangile la force de repousser les tentations d’islamophobie qui s’accroissent, elles aussi, dangereusement. Nous sommes tous ébranlés par les opérations de Daesh en France. La tentation dans le pays est d’enfermer tous les musulmans dans un islam profondément dévoyé. Ceux qui y succombent alimentent une peur de l’islam qui rejaillit en propos dangereux pour la paix sociale.


Autour du burkini (1)
d'un musulman aux chrétiens



Question d'un musulman :
A propos des incidents de cet été autour du « burkini », Latifa Ibn Ziaten, une militante musulmane pour le dialogue entre les cultures, s’est indignée. « Je suis étonnée de voir quelque chose d’aussi anodin prendre tellement d’importance. Mais je m’interroge : où est la liberté ? Il y a donc des personnes en France qui ne jouissent pas de la même liberté que les autres, puisqu’il s’agit d’interdire un espace à des citoyennes ? » Il ne semble pas que les chrétiens se soient beaucoup mobilisés pour protester contre des mesures qui pourtant ont été réprouvées par le Conseil d’Etat. Pourquoi ?

Réponse d'un chrétien :
Peut-être beaucoup de chrétiens pensent-ils comme Latifa que l’incident est « anodin » et que, pour cette raison, il valait mieux ne pas mettre d’huile sur le feu. Bien sûr, empêcher une personne de s’habiller comme elle l’entend est une offense aux droits de l’Homme. Au moins à ce titre les chrétiens de France ne peut qu’approuver les décisions du Conseil d’Etat.

Par-delà cette polémique un peu grotesque, une question se dessine en filigrane. Qu’en est-il de la place de la femme dans une société comme la France ? La sécularisation a entraîné un abandon des interdits traditionnels. Elle a permis de reconnaître que les femmes avaient les mêmes droits que les hommes et, par conséquent, étaient autorisées à se comporter sur la plage comme ces derniers. Ce que la société permet, il semble que l’islam l’interdit, si l’on en croit le port du burkini. La femme en l’islam apparemment a un rapport au corps qui étonne. Il s’agit là d’un malentendu qui doit être dépassé. Le dialogue islamo chrétien devrait y contribuer : c’est pour cela qu’un précédent numéro de nos cahiers a été consacré à ce sujet.

Si les chrétiens doivent s’efforcer de comprendre la femme musulmane, les musulmans doivent s’efforcer, pour leur part de ne pas condamner le christianisme sous prétexte que la femme n’y est pas soumise aux mêmes interdits. On entend souvent les musulmans user de qualificatifs désobligeants pour désigner la manière dont s’habillent les chrétiennes.


Les chrétiens et l'extrême droite
d'un musulman aux chrétiens



Question d'un musulman :
La plupart des baptisés sont d’accord avec les différents responsables politiques qui se méfient de l’islam et des étrangers. Aux Etats-Unis, une forte proportion de chrétiens a voté pour Donald Trump qui promet d’interdire l’entrée des musulmans dans le pays. En France, les candidats à la Présidence attisent la peur des électeurs ; ils se méfient des sermons dans les mosquées et condamnent ceux qui ne s’opposent pas aux signes islamiques qui se multiplient. L’accord est unanime pour freiner l’entrée en France des immigrés issus de pays musulmans et pour renvoyer tous les étrangers clandestins. De plus en plus de chrétiens approuvent ces mesures et se rallient au parti politique le plus extrémiste.

Réponse d'un chrétien :
Ce que vous dites est malheureusement vrai. Mais aucun chrétien ne peut justifier ce genre de positions en s’appuyant sur L’Evangile. Jésus parlait fraternellement avec une Samaritaine ou un officier romain. Dans son dernier discours, il a condamné, entre autres comportements, celui qui exclut l’étranger (Mat. 25,43). Les responsables de l’Église prennent la défense du migrant. Le Pape François assure que la coexistence entre musulmans et chrétiens est possible et ne cesse de plaider en faveur de l’accueil de ceux qui se pressent à nos frontières. « Dans une époque où les distances et les frontières s’effacent devant la mondialisation économique et culturelle, notre volonté de solidarité ne peut s’affirmer dans le cadre restreint de notre pays. » Ainsi parlent les évêques de France en cette période pré-électorale.


Le faux concept d'islamophobie
d'un chrétien aux musulmans



Question d'un chrétien :
« Critiquer la religion, les religions, est un droit. Or le concept d’islamophobie, une géniale trouvaille, est une condamnation sans appel pour ceux qui voudraient s’y livrer.
Avec le concept d’islamophobie, les musulmans développent une tendance assez complaisante à la victimisation et reflètent une certaine difficulté à accepter les valeurs occidentales et notre culture. »

Réponse d'un musulman :
On peut supprimer le mot mais il faut pour cela trouver un autre terme qui puisse désigner les nombreuses profanations de mosquées, les peurs de voir l’islam faire la révolution pour imposer un pouvoir islamique en France, les menaces et les paroles de mépris à l’égard des musulmans. Il est plaisant d’entendre dire que les musulmans refusent la culture européenne alors que pendant 130 ans les Algériens, dans leur majorité, ont été tenus à l’écart de l’enseignement de l’Education Nationale. Si les musulmans aujourd’hui ont moins de succès aux examens que les autres Français, la raison en est dans les conditions sociales défavorables dans lesquelles ils vivent. Ceci n’empêche pas qu’ils ne sont pas rares ceux qui deviennent médecins, ingénieurs ou normaliens.


Le Vatican et Gaza
d'un musulmans aux chrétiens



Question d'un musulman :
Cet été, le Vatican a reproché fermement aux responsables de l’islam de ne pas condamner le « Califat musulman » pour son comportement barbare, au Moyen Orient, à l’égard des minorités religieuses de la région. Au même moment, musulmans et chrétiens de Gaza étaient victimes des armées israéliennes. Pourquoi les autorités romaines n’ont-elles pas demandé aux autorités juives du monde d’agir auprès des autorités israéliennes, face au comportement barbare du Tsahal ?

Réponse d'un chrétien :
Musulmans et chrétiens de « La Maison islamo chrétienne », eux aussi, sont peinés par cette apparente indifférence à l’égard des Palestiniens de Gaza.

Nous sommes intervenus auprès des responsables catholiques du dialogue interreligieux en France pour leur poser votre question. Nous n’avons pas eu de réponse.

Ceci ne doit pas nous faire oublier le récent voyage du Pape François en Terre Sainte. Beaucoup ont été témoins, en regardant la Télévision, de son écoute respectueuse des enfants et des adolescents d’un camp de réfugiés. Nous nous souviendrons longtemps du geste de sa main posée sur le mur de séparation qui fait mal à toutes les personnes éprises de dialogue.


Marine Le Pen et les musulmans
d'un chrétien aux musulmans



Question d'un chrétien :
La France vient de connaître ce que, pour ma part, je considère comme un malheur. Le Front National vient d’obtenir 25% des voix aux élections européennes. Madame le Pen espère profiter de ce succès pour accéder aux plus hautes fonctions dans le pays. On connaît sa position concernant l’immigration et son mépris pour l’islam. Devant les musulmans acculés à faire leur prière dans les rues, elle parlait d’occupation analogue à l’occupation nazie ! Comment réagissez-vous ?

Réponse d'un musulman :
Oui, nous avons des raisons d’être inquiets et nous partageons le désarroi des chrétiens comme ceux de « La Maison islamo chrétienne ».
Nous ne voulons pas rester passifs. Nous supplions tous les chrétiens de réfléchir : manifestement Madame Le Pen n’aurait pas obtenu un pareil score sans la voix de nombreux catholiques ; ceci nous rend tristes. Nous supplions tous les membres de l’Eglise d’écouter la voix du Pape François. Son premier réflexe, en succédant à Benoît XVI, a été de se rendre à Lampedusa pour dire sa tristesse devant la mort des migrants africains en quête d’une terre. A Bethléem, rendant visite à des enfants d’un camp de réfugiés, il a montré son respect à l’égard des enfants : ceux-ci lui disaient que chrétiens et musulmans vivaient ensemble le même écrasement d’une puissance occupante. « Vivre ensemble » en frères, non en ennemis. Le F.N. comprendra-t-il cet impératif auquel se soumettent les vrais croyants ?

Nous nous tournons vers les évêques : aidez-nous ! La Maison islamo chrétienne a reçu une lettre, voici quelque temps, d’un ami vivant à Nantes dans un quartier où sont représentées plusieurs nationalités. Il nous avoue avoir écrit à son évêque pour lui faire part de ses soucis ; il se lamente de n’avoir reçu aucune réponse. L’épiscopat, nous dit notre correspondant (J.C.V), s’intéresse davantage aux manifestations de rue à propos du mariage qu’aux difficultés des personnes migrantes.

Le même correspondant, pourtant, nous donne des raisons d’espérer. Il nous envoie une seconde lettre pour nous dire sa joie d’avoir pu faire naître une équipe islamo chrétienne : « J’ai un ami algérien qui est boucher dans mon quartier. Nous nous connaissons depuis 20 ans ; l’un et l’autre nous sommes pratiquants... J’ai découvert cela lors de son témoignage sur la foi à une réunion récente... ».

Le dialogue islamo chrétien est un remède au mal qui s’incarne dans les discours et les comportements du F.N. Ne relâchons pas nos efforts. Dieu nous aidera, j’en suis certain.


ISLAM, un parti politique en Belgique !
d'un chrétien aux musulmans



Question d'un chrétien :
Un parti s’appelant « ISLAM » s’est présenté aux élections municipales en Belgique, à Anderlecht. Ils ont réussi à obtenir deux sièges. Leur programme est inquiétant. Dans l’immédiat, ils exigent la nourriture hallal dans les cantines des écoles, l’autorisation du voile par les élèves, des congés pour les fêtes musulmanes ; ils demandent que le mariage soit permis dès l’adolescence. Ce parti préconise le rétablissement de la peine de mort. A plus long terme il vise l’établissement d’un Etat islamique. Des réalités de ce genre ne justifient-elles pas les réflexes d’islamophobie que l’on constate en France et en Europe ?

Réponse d'un musulman :
Rien ne peut justifier l’islamophobie. On peut d’ailleurs s’interroger et renverser la question: n’est-ce pas le comportement islamophobe de beaucoup d’Européens de vieille souche qui entraîne des comportements aberrants comme ceux que nous signale notre correspondant ?

Bien sûr, les musulmans de « La Maison islamo chrétienne » désapprouvent une démarche qui transforme la religion musulmane en parti politique. Se présenter sous l’étiquette « ISLAM » est une insulte à la laïcité française pour laquelle nous avons le plus grand respect. C’est en son nom qu’on peut réclamer un certain nombre de droits comme les congés pour le jour de l’Aïd ou la possibilité, dans les écoles et collèges, d’avoir de la nourriture hallal. Certaines questions font difficulté, comme celle du voile. Elles doivent se résoudre dans la concertation qu’un pays démocratique comme la France (et sans doute la Belgique) rend possibles. Mais toutes ces questions légitimes devraient être posées par tous les partis laïques ayant le souci du bien commun et non d’intérêts particuliers. Il est bon que des musulmans s’engagent dans la vie politique et fassent valoir leurs droits. Qu’ils s’engagent mais qu’ils ne confondent surtout pas l’islam avec un parti politique.

Nous avons honte d’apprendre que des musulmans, en Europe, réclament le rétablissement de la peine de mort et rejoignent le camp des extrémistes du Front National. Nous nous insurgeons devant la prétention d’établir un état islamique alors que nous devons travailler à former des consciences capables de vivre dans une société pluraliste où le respect mutuel est la condition d’une vie commune. L’islamisme s’implante en Europe. Nous y voyons le fruit d’un ordre international profondément perturbé. Ne nous résignons pas !


Civitas et l'Observatoire de la laïcité
d'un musulman aux chrétiens



Question d'un musulman :
J’apprends qu’on a écrit, dans une revue catholique qui s’appelle «  Civitas », les propos suivants :

«Jean-Marc Ayrault, premier ministre, a nommé dimanche Dounia Bouzar à l’Observatoire de la laïcité, bidule qui s’annonce clairement antichrétien. Immédiatement, cette dame en profite pour amorcer une nouvelle offensive contre le Christianisme en France et réclame que deux fêtes chrétiennes soient retirées des jours fériés et remplacées par Yom Kippour et l’Aïd ». « La Maison islamo chrétienne » approuve-t-elle ces propos ?

Réponse d'un chrétien :
Le mouvement « Civitas » regroupe des catholiques marginaux qui ont refusé d’adhérer aux décisions du Concile Vatican II. Politiquement, beaucoup de leurs membres se situent à l’extrême droite de l’échiquier politique. L’Eglise ne considère pas que ces personnes sont au nombre de ses fidèles.

Pour notre part, nous nous abstenons de réagir aux décisions du premier ministre. L’Observatoire de la laïcité est-il antichrétien ? Nous n’avons pas d’éléments pour en juger. A nos yeux, il n’est pas plus antichrétien qu’antimusulman ou antijuif. Il nous semble également légitime que les musulmans aient la possibilité de fêter l’Aïd et que les Juifs puissent célébrer Yom Kippour. Les chrétiens ne seront guère gênés dans leur foi si on supprime, par exemple, les lundis de Pentecôte ou de Pâques.

En revanche, il convient de rappeler que lorsque fut promulguée la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, un jour par semaine était réservé pour la formation religieuse des enfants. Le mercredi disparaît avec la récente réforme de l’Education nationale. Nous le regrettons.


Le droit des étrangers sur notre sol
d'un chrétien à un musulman



Question d'un chrétien :
Le dialogue islamo chrétien, sous prétexte d’ouverture humaniste, amène à consolider le droit des personnes étrangères sur notre sol. Il s’accompagne souvent d’une approbation du gouvernement actuel qui promet le droit de vote aux étrangers. N’est-ce pas se moquer des Français ?

Réponse d'un musulman :
Pour ma part, je tiens à rester Algérien et je ne revendique aucun droit de vote en France.
Mais j’ai eu 9 enfants qui sont citoyens français et qui ont réussi dans leurs études. Ils sont eux-mêmes parents et mes petits enfants sont en âge de voter. Grâce à des gens comme moi, la France peut se vanter d’avoir une croissance démographique satisfaisante.

Moi-même, je suis engagé dans de nombreuses associations ; j’assure plusieurs fois par semaine des permanences au Secours-Catholique. Autant que mes enfants, je suis témoin des besoins de notre entourage. Nous avons une opinion éclairée, eux et moi, sur les élus qui, selon nous, sont les mieux capables de faire face à la situation. Pourquoi n’aurais-je pas, autant que mes enfants, la possibilité de participer, par un vote, à ce qui me paraît le bien de la ville ?

En revanche, je suis étonné de constater que bien des personnes qui protestent contre le droit de vote des étrangers ont plus le souci de leurs intérêts personnels que de celui de la cité.

Saad Abssi


A propos du message d'un avocat (question d'un chrétien)



Il s'avère que le texte de Maître Collard
qui avait troublé un de nos lecteurs est un faux.
Nous détruisons ce document.
Nous présentons nos exuses à Maître Collard
et nous remercions les lecteurs
qui nous ont signalé notre méprise.


Pouvoir politique et religion
réponse d'un musulman



La Trinité des chrétiens serait-elle fruit de la soumission de l'Eglise à l'empereur romain? A cette expression d'un musulman (Mohammed Benali) un chrétien s'est indigné. Mohammed lui répond.

Dans le numéro de nos cahiers consacré à Jésus, j’ai abordé maladroitement une question sensible qui m’a attiré de vifs reproches de la part d’un ami de « la maison islamo chrétienne ». Pour faire entendre les réticences des musulmans à l’égard des affirmations chrétiennes concernant la divinité de Jésus, j’avais laissé entendre que les propos de l’Eglise sur la Trinité étaient le fruit de la compromission entre l’Eglise et le pouvoir impérial. J’avais tort de dire que parler de Père, Fils et St Esprit, en disant qu’il ne s’agissait que d’un seul Dieu, était une façon de concilier le polythéisme des Romains et le monothéisme prêché par Jésus. Oui, je reconnais que la foi chrétienne en la Trinité est antérieure à la conversion de l’Empereur ; je demande pardon aux chrétiens que mes propos ont pu choquer.

Il n’empêche que la foi chrétienne aujourd’hui s’exprimerait autrement si l’Empereur Constantin, se convertissant en 313, n’avait fait alliance avec l’Eglise. Vous nous parlez souvent, chers amis chrétiens, des grands conciles où s’est élaborée la doctrine chrétienne : ceux-ci auraient-ils pu aboutir si l’Empereur n’avait régenté les évêques ? Je pose cette question aux chrétiens non pour contester leurs dogmes mais pour m’étonner de la peur que beaucoup d’entre eux expriment en constatant le résultat des élections en Tunisie. Le printemps arabe avait donné à espérer qu’une fois dépassée la dictature de Benali on trouverait un régime de type européen. « Les islamistes ont volé la révolution des démocrates tunisiens » : on entend prononcer cette phrase un peu partout dans l’Hexagone. Un parti se réclamant de l’islam – comme c’est le cas d’Ennadah – ne peut que détruire le dogme moderne des Droits de l’Homme.

Autrement dit, autant je me méfiais des compromissions de l’Eglise, avec le pouvoir, autant les Occidentaux ont peur qu’une démarche musulmane étouffe les acquis du fonctionnement politique de la démocratie.
Il est bien vrai que chrétiens et musulmans sont affrontés à un grave problème. La vérité a plusieurs visages et lorsqu’une vérité religieuse rencontre les convictions d’une société séculière, en particulier ses positions politiques, une vigilance s’impose.

En l’occurrence, devant le problème tunisien, je fais part de quelques réactions personnelles.

Un parti islamiste comme Ennadah ne peut être a priori considéré comme totalitaire. Certes, ses agents peuvent avoir des convictions particulières sur la vie politique (quel parti n’en a pas ?). Certes ces convictions peuvent être inspirées par les sources auxquelles se réfère l’islam. Est-ce incompatible avec la démocratie ? Imaginons que François Bayrou soit un jour Président de la République. Les Droits de l’Homme seront-ils en danger sous prétexte qu’en tant que chrétien il respecte la doctrine sociale de l’Eglise. Si, accédant au pouvoir, un homme comme François Bayrou imposait à la société la morale chrétienne, il ne se maintiendrait pas longtemps au pouvoir. Pourquoi ne pas faire confiance à Monsieur Ghannouchi lorsqu’il affirme qu’il ne changera rien au code de statut personnel ? Une démocratie islamique est-elle plus dangereuse qu’une démocratie chrétienne ?

En posant cette question, j’ai peur des réactions de certains : l’islam est incompatible avec la démocratie. Il ne peut y avoir de démocratie islamique. Un parti qui se veut musulman pourra-t-il jamais adhérer en vérité à la Charte de Droits de l’Homme ?

Avant de répondre à la question, je fais deux remarques.
S’il est légitime d’interroger l’islam, on peut aussi poser des questions à l’Occident. La manière dont la croisade pour les Droits de l’Homme s’est déroulée en Irak interdit aux Occidentaux de faire la morale aux pays à majorité musulmane avant d’avoir fait leur propre examen de conscience. Il est une façon de se réclamer des Droits de l’Homme qui est aussi dangereuse que de se référer à la Charia.
Par ailleurs, que penser d’un pays qui se prétend le champion des Droits de l’Homme et refuse, sanctions financières à l’appui, que les Palestiniens soient représentés à l’UNESCO ?

Ceci dit, je réponds à la question (« Un parti qui se veut musulman pourra-t-il adhérer en vérité à la Charte des Droits de l’Homme ?). Je réponds positivement mais ce ne sera possible qu’à deux conditions.

La première condition dépend de l’Occident. Celui que l’on considère parfois comme le plus grand philosophe du 20ème siècle (Jacques Derrida) parle de mondialatinisation devant le phénomène de globalisation auquel la planète est soumise. Un modèle impérialiste issu de la tradition romaine s’impose à tous les pays. Pour éviter l’uniformité qu’entraîne la tradition occidentalo-chrétienne pourquoi la culture ne serait-elle pas marquée aussi par la tradition arabo-musulmane tant méprisée aujourd’hui par les colonisateurs d’hier ?

L’autre condition dépend tout autant des pays arabo musulmans que des pays occidentaux. L’humanité est d’accord pour reconnaître que la lettre de « Droits de l’Homme » est perfectible. Ceux-ci doivent-ils conduire toutes les cultures à se soumettre à un modèle unique ? Ne peut-on espérer que le printemps arabe aura fait naître un type de démocratie originale qui ne soit pas la répétition du mode de vie européen. Avec, bien sûr, l’accord et la reconnaissance de tous les pays ?

Je ne puis conclure sans redire ce que j’ai eu maintes fois l’occasion d’affirmer : je crois que l’islam peut vivre dans un pays séculier et sécularisé comme la France. Je suis musulman ; j’adhère à la vérité qui m’est transmise par le Coran. Je crois que la vérité, telle que l’islam la conçoit, n’est pas un moule dans lequel il faut faire entrer tous ses contemporains. Je crois que sa vérité tient dans son désir d’ouverture et de respect à l’égard de toutes les traditions, religieuses ou culturelles. Le mot « paix » en arabe (« Salam) fait partie du mot « islam ». Je crois que la vérité de l’islam est un programme. C’est pourquoi je m’indigne quand je vois que des individus brûlent les locaux de Charlie-Hebdo.

A ce sujet, je me permets de faire part d’une dernière réflexion. Je comprends qu’un pays comme la France, la patrie de Voltaire et des Encyclopédistes, se considère autorisée à parler librement de tous les sujets. Je ne puis me permettre de condamner les auteurs du numéro Charia Hebdo. Mais pour ma part, j’use du même droit pour dire qu’en tant que musulman je me sens offensé. J’ai peine à ne pas voir dans l’humour dont les musulmans de France font les frais, une pointe d’islamophobie. Entre l’humour et le racisme, la frontière est parfois délicate à trouver.

Mohammed Benali


L'islam une religion violente de conquérants
d'un chrétien à un musulman



Les communautés chrétiennes d'Afrique du Nord, aux premiers siècles, étaient particulièrement vivantes ; elles ont fourni des saints et des penseurs. L'arrivée de l'islam a entraîné la mort de cette Eglise. N'est-ce pas la preuve que l'islam est une religion de conquérants qui s'impose par la violence ? Sa présence en Europe, la façon ostentatoire dont il s'impose aux regards ne sont-elles pas une menace pour la culture européenne ?

On ne peut nier que l'islam, dès la mort du Prophète s'est imposé d'une manière exceptionnelle. Ces victoires s'expliquent par l'affaiblissement des deux grandes puissances de l'époque (l'empire perse et l'empire byzantin) qui n'avaient cessé de se combattre.

En réalité, l'islam ne s'est jamais imposé, en tant que religion, ni aux juif ni aux chrétiens de manière violente. En pénétrant sur les territoires qu'ils conquéraient, les musulmans proposaient aux « Gens du Livre » le choix entre la conversion ou le maintien de leur culte. S'ils choisissaient la fidélité à leur religion ils versaient un impôt en échange de la protection qu'on leur assurait.

Même si, en chaque pays conquis, on amenait des tribus arabes pour assurer l'administration et la sécurité, on ne peut nier qu'en Palestine, par exemple, juifs, chrétiens et musulmans ont vécu fraternellement et partagé la même culture jusqu'à la naissance du sionisme. Certes, les coptes sont soumis aujourd'hui à rude épreuve dans leur pays mais ils ont vécu pacifiquement et se sont maintenus avec leurs compatriotes musulmans sans difficultés à travers les siècles.

Le cas de l'Afrique du Nord est exceptionnel. L'Eglise avait subi l'emprise des vandales qui, pénétrant au Maghreb en 429, imposaient, 10 ans plus tard, le Royaume de Carthage. Une date est symbolique. Augustin, un des théologiens les plus importants de toute l'histoire, mourait en 430 dans la ville d'Hippone (aujourd'hui Annaba) où il avait été évêque, au moment même où les Vandales en faisaient le siège. Ces derniers véhiculaient une idéologie particulièrement vivace : l'arianisme. Il s'agissait d'une hérésie concernant Jésus. Les Ariens considéraient que la divinité du fils de Marie était inférieure à celle du Père. Lorsqu'en 647 l'islam s'implanta au Maghreb, les esprits étaient préparés à recevoir le message du Coran dont les propos sur Jésus sont assez proches de ceux qu'avaient reçus les disciples d'Arius.

Quant à la question de savoir si l'islam est une menace pour la culture européenne mieux vaut s'interroger sur la façon de faire en sorte que notre pays soit accueillant à ceux qui, frappant à notre porte, n'ont rien de conquérant et qu'avec eux ils fassent advenir une société ouverte.


L'islam veut s'imposer dans la laïcité
d'un chrétien à un musulman



Après avoir troublé la société française avec le voile des femmes, voici que les musulmans exigent qu'on serve, dans les écoles, des repas hallal. Ce harcèlement n'est-il pas l'indice que l'islam veut imposer, dans notre société laïque, sa culture et sa vision du monde ? Ne peut-on dire que la laïcité est en danger ?

Lorsque des parents font une demande de repas hallal pour les enfants, ils rencontrent des enseignants, des associations de parents d'élèves, des élus. Des négociations s'ébauchent, la parole circule, des accommodements sont décidés. Autrement dit la démocratie fonctionne. Les parents musulmans ont-ils tort ou ont-ils raison ? La question se discute et la décision finale n'est pas inscrite dans une loi qui se prétend l'expression de la volonté de Dieu. Il faut reconnaître que de telles demandes sont inédites ; elles modifient des évidences mais loin d'être une menace pour la laïcité, elles relancent la question de savoir comment celle-ci, conçue pour s'ajuster à la présence chrétienne ou juive, peut s'adapter à la deuxième religion de France.

La question des repas hallal dans les écoles est d'un autre ordre que celle qui a été réglée sans concertation par les restaurants Quick. Pour attirer une clientèle musulmane importante dans l'environnement, on y sert des repas hallal. Il s'agit d'un calcul financier. L'argent y prend la place de la parole ! Cette démarche nous semble assez malsaine.

Que la laïcité soit à l'épreuve, c'est une évidence. Qu'elle soit en danger, nous ne le pensons pas. La pluralité des religions dans la société appelle à la réflexion. C'est la raison pour laquelle nous organisons la rencontre du 10 avril : « Religions dans la ville et laïcité. Comment vivre ensemble?»


Une vague d'islamisation
d'un chrétien à un musulman



L'immigration a pour conséquence l'implantation de l'islam en France et, en même temps, l'asservissement de la femme. Voici une vingtaine d'années, des jeunes filles portaient le voile; aujourd'hui on voit des femmes portant la burqa. Comment endiguer cette vague d'islamisation?

La question du voile islamique est tout autre que celle de la burqa. Cette dernière n'a rien à voir avec la première et elle n'est pas liée à l'immigration; peu d'Afghans ont immigré en France. Il est par ailleurs difficile de parler de « vague d'islamisation » alors qu'il s'agit de 367 personnes, c'est-à-dire 0,0005% de la population. Il faut noter qu'un nombre non négligeable de ces femmes est composé d'européennes converties à un islam que l'ensemble des musulmans de France réprouve. Parlons de situations aberrantes qui n'ont rien à voir avec le voile islamique. Certes, la situation de la femme en milieu taliban est déplorable et il est regrettable que quelques énergumènes s'y laissent prendre. Est-ce plus inquiétant que le nombre de personnes qui vouent un culte au nazisme et au Führer? De tels comportements relèvent de la psychiatrie.

Cette question laisse apparaître des inquiétudes à propos de l'immigration. Pour notre part, nous nous désolidarisons de cette attitude. Toutes nos sociétés connaissent une profonde mutation et l'arrivée de personnes étrangères à l'Europe peut être une chance. Le pluralisme est inévitable et, entre les diverses cultures qui se côtoient, un chemin est à inventer. La méfiance et la peur ne peuvent qu'engendrer de la violence. En revanche l'accueil des différentes cultures dont sont porteurs les immigrés que la France ne refoule pas ne peut qu'aboutir à un surcroît de civilisation. Nous parlons d'expérience!

Quant à la pratique du voile islamique, elle a été étudiée avec attention dans notre pays et elle fait l'objet d'une législation sur laquelle, pour l'instant, il ne semble pas opportun de revenir.


Islamophobie ou philosémitisme ?
d'un chrétien arabe à l'Eglise de France



Le Président de la Commission doctrinale des Evêques de France, Monseigneur CARRE, a publié un texte intitulé « Comment chrétiens et musulmans parlent-ils de Dieu? » Il souligne les divergences entre les énoncés de la foi chrétienne et ceux de la foi musulmane. Ils ne font pas la même démarche à l'égard du judaïsme. Est-ce parce qu'ils ont peur de déplaire aux Juifs de France qui risqueraient d'y voir une contestation de type antisioniste, voire antisémite?

Nous ne connaissons pas de propos épiscopal récent manifestant une quelconque prudence par rapport à ce sujet. Soulignons que le texte commence en mentionnant le judaïsme comme religion monothéiste tout autant que le christianisme et l'islam. Il reste vrai que certaines interprétations de la Bible concernant la terre d'Israël sont parfois tendancieuses et peuvent donner prise à la polémique.

Ce texte que certains considèrent comme une mise en garde, vise peut-être à rassurer une partie des chrétiens de France. Il n'est pas rare que des baptisés aient peur de la rencontre de l'islam; à ceux-là, le texte apporte quelques garanties.

Il était bon aussi d'aider les chrétiens ouverts au dialogue avec l'islam à ne pas céder à la tentation du syncrétisme. Ce texte peut également éclairer les musulmans sur les convictions de leurs partenaires chrétiens.


Mixité à l'hôpital
d'un chrétien à un musulman



La cour administrative d'appel de Lyon a confirmé le 10 juin le rejet de la requête de parents, qui demandaient réparation des préjudices subis par eux et leur fils, aujourd'hui âgé de 9 ans, handicapé à 100 % à la suite d'un accouchement difficile. Dans son arrêt la cour estime que « l'état de l'enfant était totalement imputable à l'attitude des parents ». De fait, lors de sa naissance, dès les premières complications, le père « invoquant ses convictions musulmanes s'était physiquement opposé à toute présence masculine dans la salle d'accouchement, notamment des médecins obstétriciens et anesthésistes ». On croit rêver ! Au 21° siècle  ! Outre le rejet de la demande, la cour a condamné les parents à verser une somme de 1.000 euros au Centre hospitalier pour les frais et les dépens. Une saine justice, qui devrait faire réfléchir. L'idéologie intégriste de certains musulmans est-elle en rapport avec l'enseignement du Coran ? Il ne me semble pas. Qu'en pensez-vous ?

Rien dans le Coran ni dans la tradition, à notre connaissance, n'interdit qu'un homme médecin soigne une femme !


Chrétiens en Algérie
d'un chrétien à un musulman



A propos des procès iniques en Algérie dont les chrétiens, et en partie les catholiques, font injustement les frais, Christian Delorme (Le Monde du 3 juin 08) semble écarter la liberté religieuse au profit de l'islamité algérienne. Cela vous semble-t-il tolérable ?

Réponse de l'équipe de rédaction :

Christian a soulevé, par ses propos, des questions grosses comme des montagnes : donnons-nous du temps pour les aborder.

En tout cas, il est loin de mépriser la liberté religieuse ; il qualifie de «  révoltantes » les situations faites récemment aux chrétiens et les condamnations portées contre eux. Il dit explicitement : « On ne peut que défendre le droit de chaque individu à aller librement vers la liberté de son choix ».
Ceci dit, le texte de Christian tente de faire entendre les motivations du gouvernement algérien ; celui-ci voit, à tort ou à raison, dans le prosélytisme de certains courants, une stratégie américaine visant à créer une communauté chrétienne dans le pays pouvant servir de prétexte ultérieurement à des interventions militaires.

Pour notre part, devant ces événements, chrétiens et musulmans de « La Maison islamochrétienne » nous nous voulons solidaires de cette Eglise qui a voulu faire corps avec l'Algérie et qui en sort douloureusement éprouvée. Par ailleurs, nous sommes attentifs aux peurs de ce pays. L'image du chrétien se confond encore avec celle de l'Occident colonisateur. Nous misons sur le dialogue, ici en France. Le dialogue franc et lucide, sans occulter le passé, contribue à apaiser les mémoires.

Précisons que l'épiscopat français a pris ses distances par rapport aux positions de Christian.


Chrétiens en pays musulmans
d'un chrétien à un musulman



Les chrétiens vivant dans les pays à majorité musulmane sont de moins en moins tolérés par leurs compatriotes musulmans. Comment expliquez-vous les comportements discriminatoires dont ils font les frais ?

Le Coran a toujours prôné la liberté de conscience. « Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. » Dans les pays arabes, chrétiens et musulmans, pendant des siècles, ont vécu au coude à coude. L'Occident a bousculé cet équilibre : la colonisation, la création d'Israël, l'impérialisme américain ont empêché le monde arabe de se développer et d'entrer dans la modernité en demeurant fidèle à ses traditions culturelles et religieuses. Les musulmans comme les chrétiens sont, les uns et les autres, emportés dans un même mouvement de désintégration. Comment sortir du naufrage ? Telle est la vraie question. Toujours est-il que les musulmans de la maison islamo chrétienne partagent la souffrance des baptisés vivant en terre d'islam. Ils voient dans leur situation une raison supplémentaire de renforcer le dialogue islamo chrétien en France.


Pourquoi n'y a-t-il pas d'église en Arabie Saoudite?
d'un chrétien à un musulman



Pourquoi les musulmans de France réclament-ils des mosquées alors que la construction d'églises est interdite en Arabie Saoudite ?

La question est mal posée. Mieux vaudrait dire : « pourquoi les musulmans n'auraient pas de mosquées en France puisque, depuis toujours et jusqu'à maintenant, les chrétiens ont eu des églises dans tous les pays musulmans, à l'exception de l'Arabie Saoudite ? »

Ceci dit, un musulman de bonne foi ne peut pas comprendre le refus de l'Arabie saoudite. Il est bien évident que les chrétiens d'origine philippine ont le droit de célébrer leur culte. On nous dit que l'Arabie est une terre sainte et qu'il ne peut pas y voir de place pour une autre religion. L'argument vaut peut-être pour La Mecque et Médine mais non pour le reste de la Péninsule. Il y avait des églises en Arabie au temps du Prophète ; jamais il n'a demandé leur destruction.

Le refus saoudien n'engage pas l'Islam. Libre à chacun de juger comme il veut la politique de l'Arabie Saoudite en la matière. Les musulmans de « La Maison » comprennent la solidarité des chrétiens de France avec les chrétiens immigrés en Arabie Saoudite


Benoît XVI à Ratisbonne
d'un musulman à un chrétien



Benoît XVI, a prononcé à Ratisbonne des propos que les musulmans du monde entier considèrent comme insultants. Quelle idée politique le pape avait-il dans la tête en faisant cette conférence ?

A coup sûr Benoît XVI n'était pas conscient que le monde musulman serait blessé par sa conférence à des théologiens. Il faut reconnaître les maladresses et les erreurs de ce discours. Il est vrai qu'il n'avait pas besoin de recourir à l'islam pour développer sa pensée. Il est vrai que Benoît XVI ne semble pas connaître l'histoire de la culture musulmane : il oublie que l'islam a transmis à l'Occident la pensée grecque. Il semble ignorer la place de la raison dans l'oeuvre des penseurs musulmans. Ibn Rush (Averroès) allait jusqu'à dire que la vérité découverte par la raison ne pouvait contredire la vérité révélée. Le plus regrettable tient dans cette citation où la prédication du Prophète est associée à la violence : « il a prescrit que la foi qu'il prêchait, il fallait la répandre par le glaive »)

Le pape s'est expliqué. Il n'avait pas conscience qu'en se référant à un auteur du 14ème siècle, les musulmans d'aujourd'hui y verraient une allusion à l'Islam contemporain. La Maison islamo Chrétienne partage la tristesse de tous ceux qui se sont sentis offensés. Leur confiance dans les possibilités du dialogue n'en est pas ébranlée. Rien ne pourra effacer - le pape lui-même l'a rappelé - les paroles de Vatican II : « L'Eglise regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes ».


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