ALI SHARI‘ATI entre mystique et politique :
« la courbe d’une vie »
Yann Richard
Professeur émérite, Sorbonne nouvelle, spécialiste de l’Iran

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« Dans le désert, sous le ciel étoilé du désert, on est en réalité obnubilé par l’idée du paradis ». Cette phrase manifeste que son auteur, Ali Shariati, est animé par une force spirituelle indéniable. Il est surtout connu pour ses engagements politiques pendant les années qui conduisaient à la révolution iranienne, mais Yann Richard, le spécialiste incontesté de l’histoire iranienne, a su découvrir la dimension mystique de cet homme d’action.


ALI SHARI‘ATI : Biographie

Né en 1933 d’une lignée cléricale, à l’Est de l’Iran, Ali Shari‘ati fut mêlé très jeune au débat idéologique entre l’islam et les doctrines athées et s’engagea dans le mouvement nationaliste en faveur de Mossadegh, le premier ministre qui lutta contre les Britanniques et nationalisa le pétrole iranien (1950-53), avec la logique de ceux qui, comme le théologien enturbanné Mahmud Tâleqâni ou l’ingénieur en cravate Mahdi Bâzargân ne voyaient aucune contradiction entre la défense de l’islam et celle de la patrie. Un des premiers étudiants de la nouvelle université de Mashhad, Shari’ati, y étudia le français. Bénéficiant d’une bourse iranienne, il fit des études à Paris entre 1959 et 1964 : il fréquenta différents intellectuels et universitaires français comme Gurvitch, Jacques Berque et certains militants de l’indépendance algérienne, comme Frantz Fanon ; il rencontra également Louis Massignon (mort en 1962) pour qui il travailla pendant quelques mois sur la vie de Fatima, la fille du Prophète de l’islam. Rentré en Iran, il devint à son tour un penseur de l’indépendance et de la révolution, en utilisant des thèmes islamiques et notamment chi’ites comme le martyre de l’Imam Hosseyn et sa révolte contre l’iniquité, l’attente eschatologique de l’Imam-guide, la vénération pour l’Imam Ali, son épouse Fâtima et la Famille du Prophète… Après une période d’arrestation d’environ deux ans et des pressions politiques très fortes, Shari‘ati choisit finalement l’exil et succomba à une crise cardiaque peu après son arrivée en Angleterre en juin 1977.

Ma vie, mes écrits...

Dans la révolution iranienne de 1978-79, les écrits de Shari‘ati, librement publiés depuis sa mort deviennent une source d’inspiration pour l’activisme politique et le militantisme parmi les jeunes. Ses lecteurs refusent le modèle occidental et la dictature du Shah soumise à l’Occident, ils refusent aussi l’interprétation traditionnelle de l’islam donnée par les ulémas officiels, trop souvent complaisants avec le pouvoir politique. Certains écrits de Shari’ati ont même été interdits sur pression des milieux cléricaux avant la révolution parce que trop critiques pour les ulémas, ou jugés trop peu conformes au dogme de l’islam. Très curieusement, l’engouement de la jeunesse iranienne d’aujourd’hui pour ce penseur déjà lointain, reste très vif, comme j’en ai régulièrement des témoignages.

L’œuvre de Shari‘ati, qui occupe trente-cinq volumes, est principalement composée de textes militants, une réinterprétation révolutionnaire de l’islam chi’ite hostile aussi bien à l’alternative marxiste qu’à l’influence de l’Occident. Ce sont souvent des textes issus de causeries ou de conférences dans des milieux intellectuels. On y trouve également des études sur l’islam, sur l’histoire des religions, et des écrits inclassables, entre poésie et méditation philosophico-religieuse, qu’il a appelés ses écrits “  de désert ” (kaviriyât). Il dit lui-même :

« J’ai trois manières de m’exprimer : en faisant des discours, en enseignant et en écrivant. Ce que seul le public aime, ce sont mes discours. Ce que les gens et moi-même aimons en commun, c’est mon enseignement. Ce qui me satisfait moi-même, et je sens que c’est non seulement mon œuvre mais ma vie, c’est d’écrire  ! Mes écrits sont également de trois sortes, les écrits à caractère social (ejtemâ‘iyât), ceux à caractère islamique (eslâmiyât), et mes “écrits du désert”. Seul le public aime la première catégorie ; quant aux écrits sur l’islam, je les aime aussi comme le public, mais ce qui me satisfait vraiment, qui n’est pas seulement mon travail, mon écriture, mais ma vie, ce sont les écrits de désert. » (Kavir, - Œuvres complètes, XIII – “En guise d’introduction”, p. 209)

Le récit où Shari‘ati évoque Massignon est précisément tiré de Kavir, « Désert », le seul des écrits de désert qu’il publia lui-même en 1969 à Mashhad. Après sa mort, dans les Œuvres complètes, deux volumes curieusement intitulés Causeries de la solitude semblent reprendre et continuer, mais sans rédaction suivie, le même style poétique, entre confidence, méditation prophétique et rêve éveillé. Ce titre donné par Shari‘ati serait repris de l’ouvrage d’un certain professeur Chandel dont il prétend, dans de longs passages, traduire fidèlement le texte. Ces Causeries, que l’auteur faisait avec lui-même, étaient en réalité des feuilles de classeur écrites en Iran vers la fin des années 1960. Shari’ati gardait ces cahiers avec lui, et les avait notamment emportés en Angleterre où il mourut. Il semble qu’il ne destinait pas ces notes à une quelconque publication.

Il s’agit donc d’une réflexion intime introvertie, poétique, à la première personne, d’un auteur connu par ailleurs comme un homme d’action, un orateur passionné devant des auditoires d’étudiants pré-révolutionnaires ; lui-même souvent arrêté par la police et surveillé en permanence tant par le régime impérial que par le clergé chi’ite. Les ulémas, en effet, voyaient leur autorité spirituelle défiée, au nom de l’islam, par un jeune agité imbu d’idées modernes. On peut s’interroger sur la représentativité de ces textes : d’une part ils ne reflètent peut-être que le défoulement d’un homme pourchassé par ses ennemis ; de l’autre ils contiennent sans doute des codes de protection contre les lecteurs hostiles.

A l'écoute des Ecritures

Shari‘ati commence par une citation de la Bible traduite librement : Tu connais le cœur de l’étranger puisque toi aussi tu as été étranger au pays d’Égypte (Exode, 22, 20 ; 23, 9 ; cf. Deutéronome X, 19). Il semble tellement aimer cette citation qu’il la paraphrase aussi, écrivant en parlant à Dieu « Je suis comme toi dans ce paradis, je suis seul dans cette multitude de créatures. Toi tu connais mon cœur esseulé d’étranger car toi aussi tu as été seul dans la contrée de l’Être. » Le livre, tel qu’il est publié dans les Œuvres complètes de Shari’ati (vol. XIII), commence en effet par une longue méditation à la première personne sur la Création du monde. L’auteur s’identifie à Adam à la fois selon la dramaturgie musulmane (les anges invités à se prosterner etc.) et selon la doctrine du péché et de la chute commune à la tradition abrahamique. Mais il se réfère également explicitement au Livre de la Genèse et à une ambiance liturgique catholique (musique d’orgue, mélodies grégoriennes). De plus, à plusieurs reprises, Dieu s’adresse à Shari‘ati/Adam comme un père en lui disant mon enfant, mon fils (voir Hobut, Œuvres complètes, XIII, pp. 37 sq., 43 sq., 161 sq.

Après la chute vient l’esseulement, le désert. Ici, l’éloge du dépouillement, de la solitude. Le désert, c’est la liberté, c’est un océan, c’est aussi le contraire du paradis où coule l’eau fraîche, où les ombrages sont partout. Dans le désert, sous le ciel étoilé du désert, on est en réalité obnubilé par l’idée du paradis. La première initiation spirituelle reçue par Shari‘ati lui est venue d’un maître traditionnel expert dans le creusement des galeries d’irrigation souterraines (kâriz, qanât) : l’eau de vie sortie des entrailles de la terre. Cet initiateur n’était-il pas comme Khezr/Khadir pour Musâ (dans le récit coranique), comme Shams-e Tabrizi pour Jalâloddin Rumi (le poète persan du 13e siècle), comme Gabriel pour Mahomet, comme la forme mystérieuse de l’Esprit-Saint pour Marie, comme le chant de l’oiseau pour le dernier survivant des Sept dormants d’Éphèse, enfin « comme le nom de Massignon qui fut pour moi celui qui m’a appris à venir à moi et à sortir de moi… » (Hobut, p. 267). Cette lente montée philosophique se continue, juste avant la présentation de Massignon, par une méditation sur le livre d’Erich Fromm (L’art d’aimer, 1956), qui est déjà une méditation sur l’amour tant spirituel que charnel, agapè et eros.

Des figures énigmatiques

Dès les premières pages de Hobut, Shari‘ati s’identifie à un personnage mythique (Adam), et mêle sa propre aventure spirituelle à celle des grandes figures qu’il évoque. La frontière entre la réalité vécue et la réalité sublimée et fantasmée est indiscernable. Le désert dont il parle est celui, à l’Est de l’Iran, où il a passé une partie de son enfance, mais c’est aussi une contrée spirituelle. Le personnage de Chandel surgit sans raison au milieu du récit. Puis des figures énigmatiques portant des noms imaginaires français. Parmi ces figures floues, récurrentes, apparaissent également des noms célèbres, comme Jacques Berque, Jean-Paul Sartre, Jean Cocteau, Frantz Fanon…

Concernant Massignon, Shari‘ati ne parle apparemment pas de ce à quoi nous pensons immédiatement à propos de ce grand islamologue, sa foi chrétienne. Il est impensable qu’il n’en ait pas eu connaissance. Il est possible que, gêné d’avouer son lien très fort avec lui, il ait inventé des personnages comme une certaine Solange Bodin, dont on ne retrouve par ailleurs pas la trace dans la biographie de Shari’ati, en lui attribuant des raisons que la raison ne connaît pas, selon l’expression de Pascal, une manière de reconnaître une motivation mystique marquée par la foi chrétienne (Kavir, p. 331). Et il ajoute « C’était un[e] catholique fervent[e], l’être chrétien était son eau et sa terre [= elle/il en était pétri/e] ». Il était en effet éminemment dangereux pour un jeune penseur qui prétendait parler de manière neuve de l’islam, de se réclamer de l’autorité d’un maître chrétien islamologue, de s’inspirer pour réformer l’islam de l’enseignement d’un chrétien. D’où, naturellement à mon avis, la dissimulation de la religion de Massignon, qui n’a été avouée que derrière la façade d’un personnage inventé.

Shari‘ati et le christianisme

Les jugements les plus abrupts, hostiles à l’Église en particulier et au christianisme en général, se trouvent chez Shari‘ati. Il l’évoque souvent pour dénoncer le pouvoir clérical opposé à la liberté et aux droits de l’homme. Ainsi, il décrit Sartre comme « un esprit sacrifié par l’Église et le capital, dégoûté du monde et de la religion qui, là-bas [= en Occident] sont les deux faces d’une même monnaie » (Kavir, p. 327). Ailleurs, évoquant des aspects positifs du christianisme, il semble s’efforcer d’équilibrer son propos par un éloge du bouddhisme ou de l’islam. En somme, on peut dire que non seulement il n’y a aucun signe direct ou indirect d’attirance de Shari‘ati pour le christianisme, mais qu’il cherche à prendre ses distances d’une religion qui pourrait le délégitimer auprès de son auditoire musulman. Une manière de tourner l’affaiblissement qu’une évocation trop positive du christianisme pouvait entraîner sur lui est l’utilisation d’artifices, de prête-noms, de pseudonymes qui se révèlent parfois comme des refuges d’une identité plus intime.

On trouve ainsi, entre autres, dans les Causeries de la solitude, et à plusieurs reprises, une forte méditation — attribuée à Chandel — sur l’incarnation de Jésus et sur la maternité de Marie. Intrigué par ce discours, j’ai cherché à connaître ce Chandel qui inspira tant Shari‘ati et dont il se dit également le disciple, bien loin du militantisme et de la politique. Après de laborieuses recherches, j’ai fini par me rendre à l’évidence, à la suite d’ailleurs de plusieurs publications ou travaux récents sur Shari‘ati : Shandel/ Schandel/ Chandell etc. ne pouvait avoir existé que dans l’imagination de Shari‘ati Mazinâni ‘Ali, sham‘ (en arabe et en persan, “bougie”, c’est-à-dire la “chandelle”, le nom de plume de Shari’ati dans la presse persane d’opposition publiée en France dans les années 1960). Si le maître de Shari‘ati est Chandel son propre moi mythifié, alors le Massignon décrit comme une “ idole ” est également une sorte de projection par Shari‘ati de son identité idéale.

Des textes de Shari‘ati, dans les Causeries, montrent une compréhension très forte du christianisme, notamment de mystères aussi difficiles à accepter pour un musulman que celui de la Trinité et celui de l’Incarnation. Plus explicites encore que ses pages sur Massignon, elles susciteront certainement l’étonnement, peut-être la consternation des musulmans. Curieusement, les Iraniens qui se sentent proches de Shari‘ati et connaissent bien son œuvre sont passés à côté de ces textes publiés pour la première fois à Téhéran en 1983, quatre ans après la révolution : époque où Shari‘ati était encore craint par les autorités du fait des résonnances anti-cléricales qu’y trouvaient les jeunes, et où l’inspiration méditative, introspective et ésotérique de ce penseur mort et enterré ne pouvait plus mettre en éveil l’attention des censeurs ni du public. Un proche de Shari‘ati m’a dit : oui, je ne sais pas qui est ce Chandel, mais ces textes ne sont pas importants.

Conclusion

Ces textes incompréhensibles, qui pourrait les attribuer à l’homme dont le discours passionné, au début des années 1970, a embrasé, au nom de l’islam, et d’un militantisme politique révolutionnaire, une génération d’Iraniens ? Qu’on ne s’y trompe pas. Shari‘ati a manifesté avec force son adhésion à l’islam et rien ne saurait la mettre en doute. En Massignon, Shari‘ati a trouvé un point d’application proche des théories de Fromm sur l’amour spirituel, l’agapè opposé à l’éros :

Deux hommes qu’aucune nécessité ne lie, si ce n’est cette pâte intime et pure et dépouillée qui constitue le ‘moi humain originel’ de chacun  ; un lien tissé non par l’intérêt ni la nécessité, non par la nature ni par la création, mais par la solitude de deux solitaires apparentés… que dire ? Enfin, c’est cela que je ressens au sujet de Massignon, jusque dans la moëlle de mes os et dans les profondeurs de mon être. Ce que je ressentais dans sa vie, de jour en jour, la main dans sa main, je m’en rapproche, je vais vers ce ‘je ne sais où’ dont nous portons sans cesse la nostalgie, et dans son regard, je vois ce ‘je ne sais quoi’ que nous espérons toujours ardemment retrouver. Voilà cinq ans que je porte tous les jours davantage son deuil, et chaque jour qui passe me rapproche du jour de cet ‘événement’. C’est lui qui m’a appris qu’aimer d’amitié dépasse l’amour-passion (Kavir, p. 297).

Massignon est l’occasion d’une fixation qui cherche un sens universel — nostalgie spirituelle — même si les textes marqués dissimulés par des pseudonymes emboités ou montés en miroir attestent bien une réflexion intime et profonde de Shari‘ati lui-même, non un emprunt seulement. Ils posent le problème du sentiment mystique sous-tendant le militantisme.

On pourrait comparer, ici aussi, son attitude de militant politique mystique à l’attitude, plus sophistiquée sans doute, de Massignon, qui joignait facilement l’extase à l’action politique. Si les textes que j’ai cités sont bien de Shari‘ati lui-même — non simplement traduits d’un autre pour une démonstration quelconque — ils expriment l’ouverture à une expérience religieuse tout-à-fait différente de celle dans laquelle leur auteur a vécu, et cette ouverture me semble a-typique pour un musulman d’aujourd’hui. Ne retrouve-t-on pas ici la démarche de Massignon, unique également dans le christianisme, de prier avec la prière des autres, étranger au désir de détourner la prière de l’autre pour l’attirer vers une conversion. Chez Shari‘ati, on ne peut en aucun cas parler de désir de séduire les chrétiens par une prière à Marie. Il s’agit d’une démarche intérieure devant laquelle ceux qui lisent aujourd’hui ces textes restent généralement indifférents.

Quand Shari‘ati se reconnaît dans la figure de Marie, c’est-à-dire se voit comme un intermédiaire de l’incarnation du Verbe, on voit poindre une tendance que l’identification à Adam, au début des Causeries de la solitude, ou au penseur mystique persan ‘Eyn al-Qozât al-Hamadâni en d’autres passages, vient amplifier. Ailleurs encore, il se compare au Prophète de l’islam. C’est une vocation prophétique que Shari‘ati, par prudence sans doute, a tenté de dissimuler. C’est le message qu’il délivre à plusieurs reprises et qui constitue un thème récurrent des écrits de désert, celui de la solitude. D’une part, comme les soufis ou les moines qui se séparent du monde ou de la société distrayante, il cherche la solitude, le désert, s’identifiant à Dieu. D’autre part, il cherche l’amour, remède à la solitude. Et dans Kavir, il dit clairement à plusieurs reprises ce qu’il attribuera plus tard à Chandel, que Dieu n’aime pas la solitude et cherche à la vaincre en créant une créature pour l’aimer.

« Je suis comme toi dans ce paradis, je suis seul dans cette multitude de créatures. “Toi tu connais mon cœur esseulé d’étranger car toi aussi tu as été seul dans la contrée de l’Être.” Crée donc une créature pour qu’en elle je trouve l’apaisement. La souffrance, c’est de n’avoir personne » (Hobut, p. 29).

Plus loin, il écrit :
« Ce que Dieu voulait et veut, c’est connaître quelqu’un. Il ne voulait pas rester seul à respirer dans le désert du néant, rester inconnu derrière le rideau du mystère, pour l’éternité. […] Celui qui est d’une richesse surabondante a besoin de trouver un nécessiteux pour donner… » (Hobut, p. 82)

Telle est, selon le texte attribué à Chandel, la supériorité du Dieu chrétien, non plus seul dans son ciel lointain, mais proche des hommes par l’incarnation. Shari‘ati a sans doute perçu ce message en fréquentant Massignon, même s’il a eu d’autres rencontres et d’autres lectures, même s’il déborde le christianisme pour donner à sa quête spirituelle la qualité d’une nostalgie existentielle de l’amour. Le caractère particulier de Massignon, chrétien entièrement tourné vers l’islam, orientaliste français engagé malgré son grand âge dans le militantisme pour l’indépendance algérienne, savant inspiré… a certainement fasciné Shari‘ati comme l’a fasciné la figure du martyr mystique iranien du 12e siècle, ‘Eyn al-Qozât, qu’étudièrent aussi des écorchés vifs, convertis ou révoltés, à la manière de ce dérangeur de Hamadân que les ulémas finirent par faire exécuter (crucifier ou brûler vif…).

Yann Richard

Une version plus complète de ce texte a été publiée dans l’ouvrage «Louis Massignon et l’Iran», ed. par E. Pierunek et Y. Richard, Paris, Peeters, 2000.


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